L’hygiénisme selon sainte Hildegarde de Bingen

L’hygiénisme selon sainte Hildegarde de Bingen

Le Moyen-Age classique s’étend du XIème au XIIIème siècle en Occident et foisonne de telles avancées scientifiques, techniques et théologiques que de nombreux universitaires et chercheurs considèrent aujourd’hui cette séquence historique comme étant celle où fut atteint l’un des plus hauts degrés de civilisation : « Les ténèbres du Moyen-Age ne sont que celles de notre ignorance » dit Gustave Cohen dans : « La grande clarté du Moyen-Age « .
Au sein de cette « époque bénie », deux traités médicaux « Physica » et « Causae et Curae » sortent du lot. Leur auteur, sainte Hildegarde de Bingen, est une abbesse bénédictine du XIIème siècle dont nous étudierons pour commencer la pensée en matière de santé et du bien-être. Dans un second temps, c’est à sa méthode thérapeutique que nous nous intéresserons. Pour terminer, nous évoquerons trois plantes médicinales que la sainte utilise couramment. Mais d’abord, qu’est-ce qu’être en bonne santé pour sainte Hildegarde ?

 

« Une autre terre », soumise à des tempêtes

 

Pour notre mystique chrétienne, l’Homme et la Création sont liés : « L’homme est une autre terre » ouvre la préface du Livre I du « Physica ». Cependant l’Homme, parce qu’il est créé « à l’image et à la ressemblance de Dieu » (Gn 1. 26) a également quelques choses de divin, ce en quoi sa vocation est d’être finalement un pont entre les réalités terrestres et les réalités célestes.
Dès lors, quiconque abuse de sa liberté dans l’illusion d’une autonomie absolue transgresse le fonctionnement physique et spirituel de la vie, ce qui entraîne chez lui une persévérance dans la chute due au péché originel et dans ses conséquences (Gn 3). Pour caractériser le trouble, sainte Hildegarde emploie d’ailleurs le mot « Tempestas » : ce qui se passe à l’intérieur de l’Homme est assimilé, encore une fois, aux phénomènes cosmiques (tempêtes).
Mais pour celui qui embrasse le plan divin de la rédemption, les plantes bénéfiques sont à l’images des comportements vertueux, elles guérissent. En effet, Dieu a mis à la disposition de l’homme tout un tas de remèdes pour lui donner le salut physique et éternel. Au point de vue naturel, la question est maintenant de savoir quels remèdes conseiller, à qui et comment ?

 

La théorie des humeurs

 

Au point de vue physique, sainte Hildegarde considérait l’être humain comme un ensemble de parties sèches, humides, chaudes et froides, dominantes présentes dans la nature et dont l’équilibre permet de conserver la santé. Il s’agit là de la théorie des « humeurs », base de la médecine antique en vigueur au Moyen-Age.
Ainsi, sainte Hildegarde de Bingen utilisait tout ce que la nature pouvait lui offrir en matière de traitement afin de rééquilibrer les humeurs, ajoutant parfois une invocation céleste : « Si Dieu le veut » ou : « A moins que Dieu n’en décide autrement ».

 

Tilleul, verveine et mélisse, les petites préférées

 

Afin de guérir, Sainte Hildegarde, utilisait donc couramment les plantes dont elle avait un savoir empirique, pratique et mystique. Parmi les simples souvent mises en avant par la thaumaturge, nous pouvons citer le Tilleul, la Verveine et la Mélisse.

Commençons par le tilleul, Tillia spp. : « Le tilleul a une grande chaleur. Cette chaleur est toute entière dans ses racines et elle monte dans ses branches et ses feuilles… « , Physica, livre III.
Sainte Hildegarde conseille le tilleul pour toutes les souffrances du cœur, et plus largement pour guérir « toutes les maladies les plus dangereuses qui affectent l’homme ». Une sorte de panacée. Qu’en disent les analyses chimiques modernes ? Les fleurs et les bractées de tilleul sont constituées notamment de flavonoïdes, de mucilage, de tanins et d’huiles essentielles (jusqu’à 1%), c’est-à-dire d’un ensemble de principes actifs qui expliquent les propriétés antispasmodiques et sédatives de la plante et qui justifient son utilisation traditionnelle pour calmer les nerfs, favoriser le sommeil et combattre le stress ainsi que l’angoisse.

Ensuite, la verveine, Verbena officinalis : « La verveine est plus froide que chaude », Physica, livre I. C’est une plante équilibrante. Sainte Hildegarde la conseille surtout pour traiter les infections, les ulcères, les parasites ou encore les abcès. Bref, cette plante sert à évacuer tout ce qui vient perturber l’homme. Alors, qu’en dit la science moderne ? La verveine, pour commencer, a une action sur le système digestif (digestion difficile, maux de ventre, diarrhée), une action anti-inflammatoire (contre les rhumatismes et les douleurs) et une action sur le système nerveux (anxiété, vertiges). Pour preuve, un extrait de la thèse de Doctorat en Nutrition de Loïc Lenoir : « De nombreuses études ont montré, sur des modèles animaux d’inflammation intestinale, les effets protecteurs de certains polyphénols. La verveine odorante est une plante médicinale connue pour ses vertus thérapeutiques digestives et antispasmodiques et couramment consommée en infusion. L’infusé de verveine odorante contient de grandes quantités de polyphénols (acides phénoliques complexes et dérivés de flavones) et ses propriétés antioxydantes ont été mises en évidence aussi bien in vitro qu’in vivo. »

Enfin, la mélisse, Melissa officinalis : « La mélisse est chaude. Si un homme en mange, il est porté à rire, car la chaleur de la plante touche la rate et le cœur en ressent de la joie », Physica, livre I. Et il est vrai que cette plante est réputée pour son efficacité contre les états dépressif ou l’anxiété, en somme, la mélisse agit de manière bénéfique sur le moral. D’ailleurs, elle rentre dans la composition de « L’eau des Carmes », cette panacée des Moines.
De nos jours, les principaux composants de la Mélisse ont été extraits et isolés : il s’agit principalement d’huiles essentielles mais aussi de flavonoïdes, tinterpènes, polyphénols et tanins, soit autant de principes actifs expliquant les vertus relaxantes et antispasmodiques de cette « fleur des abeilles ».

 

Les conseils de Sainte Hildegarde : un hygiénisme désuet ?

 

En guise de conclusion, on peut dire qu’avec une terminologie qui lui est propre et une tournure d’esprit qui peut bousculer les consciences modernes, sainte Hildegarde de Bingen conseillait de suivre une hygiène de vie cohérente et, en cas de trouble, recommandait le recours aux plantes dont les qualités nutritives et médicinales ont été, pour beaucoup d’entre elles, depuis confirmées par la science « moderne ».
Pour lutter contre le stress et le manque de repos, mal contemporain s’il en est, nous vous invitons donc à utiliser notre infusion « Sommeil du juste« , une tisane précisément composée pour votre bien-être de Tilleul, de Verveine et de Mélisse.

Notons enfin qu’aujourd’hui encore, nombreux sont ceux qui reconnaissent avoir recours aux remèdes de sainte Hildegarde, en premier lieu desquels nous pouvons citer le pape émérite Benoît XVI.

Cet article a 1 commentaire

  1. Merci pour cet article passionnant !
    Et merci pour ce blog très instructif.

Laisser un commentaire

Fermer le menu
×
×

Panier